Villard-Saint-Pancrace
Hautes-Alpes
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Voyage entre hameaux et village
mardi 9 mars 2010

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Il est un village qui repose sa fierté au creux d’une montagne qui le protège aussi jalousement qu’une mère protège ses enfants. A ses pieds danse la bouillonnante Durance. Traversé par le torrent des Ayes et niché dans son écrin de neige ou de verdure selon les saisons, le village se souvient ; il se souvient de sa naissance, de son histoire. Il n’oublie pas que cette histoire a été gravée par la vie de ses différents hameaux. Il regarde au Nord et aperçoit presque au lointain le hameau du :

CHAMPROUET, qui ne sait encore à qui lier son destin. Tiraillé entre Briançon et Villard ST Pancrace il voudrait bien trouver sa place LIBRE et HEUREUX. Son cœur bas au rythme de la fête donnée par une vitalité associative hors du commun. Et cette fête résonne jusque dans le cœur du VILLARD qui l’écoute et qui lui dit : VIENS…VIENTS !!!

DU PAQUIER, DE LA TOUR, DE LA RIOLETTE, DE LA POTASSE, DE LA CROIX. Et l’histoire, la grande histoire s’offre dès lors à nous. Elle commence là !!! PAQUIER, PAQUERETTE, PAQUES… Donne ainsi, par la grâce de son nom, naissance au village. Les Pèlerins, venus d’Italie, qui prenaient la route de Saint Jacques de Compostelle, ont longtemps fait étape dans ce lieu. L’Oratoire dédié à Saint Jacques en témoigne encore aujourd’hui et la mémoire de ce lieu s’imprègne à NOUS.

DES MORANDES, DE LA CURE, là où domine majestueusement, du haut de sa butte, la chapelle dédiée à Saint PANCRACE. Nous sommes dans le lieu Saint par excellence du village. Même ROME a donné son nom à l’une de ses églises !!! Le silence du lieu rejoint le silence de l’âme et la Chapelle se fait gardienne de sa mémoire, mais aussi du mystère qui entoure le secret d’un trésor caché dans un souterrain par les moines Franciscains gardiens des lieux pendant plus de deux siècles. Si tu crois aux miracles, c’est à Saint PANCRACE, que tu peux en espérer UN…

DU PAROIR ET DE L’ARMANDE où le Lavoir enferme dans le temps les histoires de la vie quotidienne, que se racontaient les Lavandières. Sans oublier la Tannerie, le bar tabac CHEZ LA BERTHE, et l’oratoire N.D. Immaculée dont la statue provient de l’ancien Moulin. Même la poste y a élu domicile après la guerre.

DE LA JALASSE, DE LA VIE CLOSE, ET DU COCHY. Ici nous entendons presque les sabots des chevaux et des mulets claquer sur le sol, et les roues des diligences et des charrettes grincer. C’est au COCHY, que les COCHERS, s’arrêtaient pour faire reposer les chevaux et les mulets et la diligence pour faire étape, animant de plus en plus le village avec tout ce beau monde du voyage, colporteurs de nouvelles à sensations et de ragots croustillants. Et ils étaient nombreux le soir à venir écouter tous ces potins !!!

DE SACHAS, haut en couleurs, plein de caractère et rempli d’esprit, protégé par l’Archange GABRIEL… La vie ici bat son plein… Ici, elle brille d’intelligence… Ici, tout est fait pour que les hommes partagent leur SAVOIR ET LEUR SAVOIR-FAIRE : Tanneurs, chapeliers, forgerons, bourreliers, commerçants, colporteurs, notaires, huissiers, des grands hommes de ce village sont issus de SACHAS.

DU BOURG… Et si la jeunesse s’est appropriée ce lieu, c’est qu’elle s’y sent bien. Et quoi de plus typiquement villageois, que la place d’un village, ici la place du MAYE : son café, ses bals populaires… C’est là qu’on fait la fête ; C’est là qu’on se réunit ; C’est là qu’on envahit le lieu à chaque grande manifestation… Ah ! qu’on y est bien sur cette place assis sur les marches en pierre du café COLOMBAN !!! Ah ! Si elle pouvait parler cette place du MAYE, elle nous en raconterait de biens belles Histoires… Surtout des histoires d’amour, des flirts d’un soir ou des baisers volés.

DU CHABON, qui marque la fin du village ; avec la Chapelle Sainte Barbe et nous ouvre les portes du Sud, comme pour nous rappeler qu’après la guerre beaucoup de nos enfants ont quitté le village pour aller gagner leur croûte ailleurs… Et quand on demandait où ils étaient partis, on répondait : « Il est parti par en-bas ou par là-bas !!! » Et les gorges se nouaient, une larme perlait sur le visage… Partir, c’est mourir un peu…

DU SOUBEYRAND, entièrement détruit en août 44, seule la chapelle Saint NICOLAS a été épargnée miraculeusement. Il s’est relevé de ses ruines, a su renaître et s’adapter à sa nouvelle vie. Aujourd’hui on se dit que ce hameau ne sera remis de ses blessures que lorsque sa Chapelle sera entièrement restaurée. On ne peut pas laisser une cicatrice ouverte sans douleur…

LES CHALETS tant aimés des Vialans… Pied sec, les Ayes, Vers le col, la Taure, l’Orceyrette, l’Alpe, l’Orcière, le Mélézin, le Clos du pré, le Panasson, le Vallon, le Lauzin. On dit que les alpages sont un pays où, le ciel fatigué d’être bleu, s’est allongé sur la montagne pour s’y reposer un peu… Alors, grimpons, l’effort en vaut la peine !!!

L’ECOLE construite en 1906, et qui a révolutionné la vie du village. Elle lui a donné l’essence de sa jeunesse à laquelle nous devons transmettre nos connaissances et tendre la main. Elle a donné au village l’espoir de continuer à exister, malgré l’attraction de plus en plus pressante des grandes villes. Et puis on y retrouve toute son enfance, ses copains, ses billes, son jeu de quinet, la craie, le tableau noir… Tout un univers familier encore gravé dans nos mémoires.

LES MINES, car souvenez-vous au Villard on était cultivateur l’été et charbonnier l’hiver. Beaucoup d’entre vous ont connu la dureté de ce métier. Mais toujours les mineurs restaient unis au fond de leur trou. Ils ne formaient qu’un seul et même corps pour dégager une énergie et surmonter leurs difficultés. Aujourd’hui, encore d’anciens mineurs conduisent et expliquent avec des mots à eux leur vie aux plus jeunes et aux touristes. Merci à tout ceux qui perpétuent notre histoire. Merci pour ce devoir de mémoire.

L’ÉGLISE. Elle est le témoin de toute une vie ; notre église est ainsi le témoin de nos vies humaines de puis près de 500 ans. Elle est le témoin de presque un demi-millénaire de notre histoire. Ce n’est pas rien… Elle appartient jusque dans ses fondations aux habitants du village qui participèrent à sa construction en allant tailler des pierres à Rocher Blanc, avant de les redescendre en ramasses. En 44, elle fut bombardée. Sa remise en état commença en 1962. Elle retrouve alors sa fierté en 1971, qui lui fait poindre dignement son clocher vers les cieux.

Et c’est grâce à votre dévouement, à votre courage que notre village vit encore aujourd’hui. Vous tous y avaient participé. Chacun à votre manière, certes, mais toujours avec enthousiasme et ferveur. OUI, je sais à quel point vous aimez votre village. Vous lui avez donné un peu de votre AME, afin qu’il en est UNE. Alors merci à vous tous. Merci d’avoir fait de ce village un havre de paix et de sérénité où la vie s’épanouit dans un bonheur tout simple.

Je terminerai par cette jolie phrase de Jules RENARD, que j’aime beaucoup parce qu’il a écrit de biens belles choses sur l’Orgue de Barbarie, je cite : “S’ENFUIR DANS UN VILLAGE POUR EN FAIRE LE CENTRE DU MONDE, CAR VILLARD SAINT PANCRACE EST BIEN NOTRE CENTRE DU MONDE A NOUS !!!”

Jean Paul FINE, Conseiller Municipal, (texte écrit à l’occasion du repas des Ainés oct2006)

 

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